J + 14 : le temps du bilan 

Dimznche 19 juillet, tard dans la soirée. Une playlist Spotify dans les oreilles – en l’occurrence Musiques de films, qui diffuse l’excellente BO de Cloud Atlas, le morceau Finale, et maintenant Time d’Inception – je me décide enfin à rédiger ce premier bilan, deux semaines après mon retour ; je dois le faire maintenant sinon jamais et j’apprécie la symbolique de cette date. Pourquoi pas avant ? Vous me connaissez bien désormais : la flemme. Surtout celle d’utiliser mon ordinateur en fait : alors qu’il n’a même pas deux ans, il bugue à un niveau improbable et je préfère donc utiliser mon nouveau portable même si c’est un peu moins pratique. Cet article risque donc d’être assez court et de comporter des fautes de frappe, j’en suis navrée. 

Nouveau portable ? Eh oui, le lendemain de mon arrivée, mon père et moi avons couru chez Orange – enfin, surtout moi – et j’ai basculé du côté obscur de la Force en revenant un iPhone 6. Cadeau d’anniversaire trois mois et demi plus tard. Et sans vouloir faire de pub pour Apple – qui d’ailleurs n’en a pas besoin -, je suis totalement accro et enthousiasmée par ce mini-ordinateur qui tient dans ma poche. D’ailleurs, je dis souvent que je suis rentrée en France pour retrouver mes livres, la nourriture et recevoir mon cadeau. C’est exagéré mais il y a tout de même un fond de vérité ! 

  
Alors, qu’ai-je fait depuis mon retour, à part céder au consumérisme californien ?

J’ai passé quelques jours à Paris, tranquillement chez moi, pour me réhabituer à la vie française et familiale. J’avoue que, le lundi matin, je n’en menais pas large : alors que je montais dans la voiture de mon père pour aller à Boulogne, je me demandais où étaient mes valises et à quelle heure était mon avion. Gros coup de blues et un léger décalage qui est heureusement vite passé après une visite chez mes grands parents et une virée au Monoprix. 

Premier point dans la liste « choses qui me manquent » : le coût de la vie. Cela paraît très large évidemment, mais j’avais oublié à quel point la vie en France – et surtout dans la banlieue ouest parisienne – pouvait être aussi chère. Simples courses au supermarché mais aussi transports en commun : n’ayant plus de pass Navigo (renouvellement prévu début septembre évidemment), j’ai dû payer 5,10€ pour un aller retour Meudon Paris. Avec un train en retard et non climatisé bien sûr.

 Mais je tenais à revoir une amie sciences piste pour une expo sur Napoléon au musée Carnavalet (petit rappel patriotique) et une promenade dans la beauté des rues de Paris. J’ai également déjeuné avec ma mère sur son lieu de travail puis avec mon oncle dans un petit restaurant rue des Rosiers (rue emblématique du quartier juif de Paris). Malheureusement pas convaincue par les falafels ni par la tehina. Ma quête continue. 

  
Puis, je suis partie une petite semaine en Mayenne dans notre rustique maison de campagne pour « me mettre au vert » et bien me reposer. Travail manuel, lecture, bronzage, un vrai sas de décompression en compagnie de ma cousine. La nature verte, les grands arbres feuillus, les champs et les vaches m’avaient manqué plus que je ne le pensais. J’ai savouré la solitude sur une petite route de village, le soleil couchant sur ma peau à plus de 21h30. J’ai également fait une vraie cure de viande rouge ! 

  
Et demain, nouveau départ chez ma grand mère en Bourgogne. Pas de connection Internet à la maison, réseau pour le portable incertain. Dieux d’Orange et de la 3G, priez pour moi. 

Bon, c’est bien gentil de raconter ma vie me diriez vous, mais quid de l’analyse ?

Après de longues réflexions mais aussi de grandes discussions assez importantes pour mon futur et la construction de mon identité, j’en conclus que cette année étrangère m’a aidée à avoir moins peur. Moins peur de demander, réclamer, m’exprimer, vivre. J’avais encore tendance à me penser banale vu que tous mes camarades sont aussi partis à l’étranger mais je me dis que, non, ça ne l’est pas tant que ça. J’ai vécu dix mois dans un pays sans parler ou presque ma langue maternelle, perdant tous mes repères du quotidien, m’en créant d’autres. Je me suis occupée de moi même, de l’appartement. 

Oui, sans avoir peur des grands mots et même si je vis toujours chez mon père, je pense désormais être une (presque) adulte, assurément plus mûre qu’avant mon départ et prête à vivre avec moins de filets. Bon, j’ai toujours un peu peur des araignées mais celle des ascenseurs s’est progressivement résorbée – essentiel quand on vit au huitième étage. 

Serais-je devenue adulte si tôt sans être partie ? Je ne peux évidemment pas me prononcer étant donné que ce séjour fait désormais partie de moi et qu’il est impossible de revenir en arrière pour l’observer dans un monde parallèle où je serais restée en France – ou partie en Norvège par exemple. 

Je suis partie en août 2014 bien enveloppée dans une chrysalide de certitudes, qui s’est craquelée au fil des mois, des rencontres et des découvertes. Je continue à donner des coups de l’intérieur ces derniers jours et j’attends quelque chose – ou quelqu’un – pour m’en délivrer totalement. Et accepter le moi qui en sortira.

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