C’est la rentrée ! (2)

Dimanche 1er mars, après-midi. Le second semestre vient à peine de commencer et, pourtant, la petite bibliothèque de l’institut Rothberg ne désemplit pas. Juifs américains débarquant de Californie, Coréens chrétiens venus suivre les pas du Christ ou Européens étudiant les langues anciennes, tous sont là, à nouveau, prêts à braver les cours, les lectures qui s’amassent déjà et les « sheket ! » (« Silence !) courroucés de la bibliothécaire grisonnante. Et après sept semaines de repos intellectuel – ou presque, vu que j’étais en stage au journal -, je vous assure que ce retour sur les bancs de l’université – ou plutôt sur les sièges à tablette privilégiés ici, encore moins pratiques que les rangées de Boutmy qui avaient au moins l’honneur d’être classées monument historique – est assez difficile. Reprendre le processus d’inscription académique, se refaire des amis parmi les nouveaux… Paresse, paresse ! Heureusement, je peux partager mes états d’âme avec mes colocataires et les quelques autres étudiants qui, comme nous, restent ici pour un an. Ainsi, j’ai retrouvé dans mon cours Challenges of regional cooperation Vicky, qui fut mon éphémère colocataire au premier semestre ; une étudiante chinoise dans mon cours sur la société palestinienne qui était déjà présente dans celui sur l’islam.

Pour vous donner une petite idée de mon quotidien (et me préparer au rapport de séjour), voici la liste des cours que je suis ce semestre. Après de nombreuses déceptions (ceux sélectionnés lors de la pré-inscription pédagogique en janvier ayant été supprimés), je suis finalement parvenue à 21 crédits, la somme demandée par Sciences Po étant de 20. Beaucoup trop, selon l’avis de mon academic advisor et moi-même, quand on sait que les autres étudiants en prennent 15, voire 12, mais… C’est Sciences Po !

Challenges of regional cooperation: un seminar de niveau 4 (le plus élevé), censé donc être complexe et intéressant, avec des prérequis de relations internationales. Malheureusement, ces prérequis ne sont pas tous acquis par les étudiants et la prof – qui connaît Sciences Po et me tacle sur ma Frenchness et Bertrand Badie, oui oui – doit revenir sur les traditionnels concepts de réalisme, libéralisme et constructivisme. Espérons que cela accélère les prochaines semaines.

The Palestinians: modern history and society: une lecture & exercise de niveau 2, cours donné par un prof palestinien de Ramallah très enthousiaste et riche en anecdotes. Un peu trop, d’ailleurs : difficile d’avancer ! Mais si les premiers cours étaient un peu vides, les suivants se révèlent passionnants et permettent de mieux saisir l’histoire de ce petit bout de terre si âprement discuté…

Marriage and sexuality in Ancient Judaism: pris complètement au hasard pour ne pas avoir uniquement de l’hébreu le jeudi matin, je n’ai pas encore eu l’occasion de le tester. Je verra demain midi, mais selon le syllabus et des étudiants qui l’ont pris pendant la semaine d’add and drop, il est chouette. Et en effet, il est très intéressant malgré mon manque de connaissances en judaïsme qui m’empêche de comprendre certaines nuances. Je vais avoir du boulot pour rattraper le niveau du cours (tous les étudiant.e.s ou presque sont juif.ve.s !). Petite anecdote qui montre bien la fameuse Jewish Connection: alors qu’une nouvelle étudiante se présentait, de Chicago, il s’est avéré que la nièce du prof était une amie de l’étudiante !

Ces trois cours (et l’hébreu que je suis désormais au niveau 2, héhé ! classe de 20, moins bien…) sont dispensés à Rothberg, l’institut pour étudiants internationaux. J’ai également pris des cours à l’université elle-même, plus challenged, plus longs (sur 14 semaines au lieu de 11) et surtout avec des étudiants israéliens (enfin, j’espère…). Comme le semestre est légèrement décalé, je commence ces cours cette semaine (mardi).
J’ai pris un cours sur les enjeux contemporains du journalisme, un sur l’autisme et un autre sur les droits de l’homme et le contre-terrorisme (je n’ai eu accès au syllabus qu’après mon inscription et je commence à le regretter, mais…). Je mettrai donc cet article à jour en fin de semaine, une fois remise de Pourim.
(Le Model United Nations va également reprendre dimanche prochain, avec toujours plus de simulations – je vous dois d’ailleurs le compte-rendu de celle de Haïfa début décembre, je n’oublie pas.)

Car jeudi, Jérusalem fête Pourim ! Fête de la débauche où la consommation de vin est encouragée, enfants et adultes se déguisent en personnages bibliques – ou pas. Nous hésitons encore entre plusieurs fêtes, à Jérusalem ou à Tel Aviv. Je participe également à une dictée organisée par l’institut français vendredi matin, à l’occasion de la semaine de la Francophonie. J’espère que je serai réveillée…

EDIT du mercredi 4 mars. 

La semaine étant déjà terminée (je n’ai pas cours demain vu que c’est Pourim), je reviens sur les cours à l’université que j’ai eus pour la première fois cette semaine.

Contemporary issues of journalism: syllabus alléchant mais cours assez lent et brouillon, dans une salle minuscule qui n’encourage pas la concentration. Plus de 25 étudiantes, une seule grande table pour douze et donc les autres (dont moi) reléguées sur des sièges derrière… De plus, c’est un cours en anglais mais pour ne pas « brusquer » et « décourager » les étudiants israéliens (je suis en fait la seule exchange student dans le cours), les discussions en classe se font en hébreu et les devoirs peuvent se rendre dans la même langue.
Je suis très surprise par cette position de l’enseignante : en effet, si le but de prendre un cours en anglais est de progresser dans la langue, alors autant tout faire en anglais, non ? Bien sûr, certains étudiants moins à l’aise pourraient se sentir gênés de participer en classe en anglais, mais c’était le cas dans mes cours en anglais à Sciences Po où nous ne parlions jamais anglais.

Terrorism, counter-terrorism and human rights: le gros challenge de mon semestre selon mon academic advisor. Je suis d’accord avec elle vu la quantité de lectures, mais alors, quel bonheur d’avoir un vrai cours ! Avec un PowerPoint, un prof qui enseigne des choses, des interventions des élèves réfléchies et intelligentes… Je me sens vraiment stimulée et cela me manque dans les cours que je prends à Rothberg (même au niveau seminar).

Autism spectrum disorder: ayant manqué le réveil ce matin, ce sera pour la semaine prochaine…

Et voilà, déjà le week-end… Ce second semestre va être plus riche en pauses : demain Pourim, les élections le 17 mars, les deux semaines de Pessah début avril. Voyages et découvertes en perspective.

Au programme du week-end : demain, visite costumée de bases militaires pour apporter cadeaux et bonne humeur aux soldats, avec le programme THRIVE (qui fait découvrir Israël aux jeunes juifs américains – je me suis infiltrée), et vendredi matin dictée à l’Institut Français de Tel Aviv.

Hag sameah !

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